Sonja et Roland Gurtner, les bourlingueurs

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Croisière sur le Rhin 2025

Les grandes croisières sur des villes flottantes sillonnant les mers et les océans ne nous ont jamais intéressés; elles nous rebutent même, en raison de la promiscuité qu’elles impliquent et des innombrables couloirs où l’on se perd, sans parler de la pollution et du gaspillage d’énergie. En revanche une croisière fluviale sur le Rhin, pourquoi pas? Ce d’autant plus qu’il existe une offre de croisières véganes, si, si! Des bateaux de dimensions acceptables (maximum 140 personnes), de beaux paysages qu’on regarde défiler sur un plan d’eau calme, des escales journalières permettant de visiter des villes intéressantes et en prime, une nourriture exclusivement végane. Nous nous sommes donc laissé tenter.

C’est au mois de mai 2025 que nous avons effectué la réservation de cette croisière, qui a lieu en novembre. Et les cabines étaient déjà bien prises! Elle débute le 5 novembre à Bâle pour se terminer à Amsterdam le 12, au bout de 8 escales d’une journée ou d’une demi-journée, qui permettent de se balader et de découvrir les attractions et particularités du lieu. Un parcours fluvial de 850 km.

C’est donc avec impatience que nous attendons le jour J. 10 jours avant, nous commençons à scruter la météo et, bonne surprise, celle-ci sera favorable, avec un temps mi-ensoleillé, mi-nuageux, un peu frais, mais sans pluie!

Mercredi 5 novembre: Bâle

Enfin le grand jour! Comme l’embarquement a lieu à partir de 14h00, nous décidons d’arriver sur place pour midi et de manger au restaurant végétarien tibits, que nous atteignons à pied en 10 minutes depuis la gare. Puis nous rejoindrons le port de St.Johann en tram.

Luxe, confort et esthétique

Dès que nous apercevons le MS GRACE à quai (auquel est accouplé un autre bateau du même type, nous sommes impressionnés par ses dimensions (135 m de long / 12 m de large), mais aussi par son esthétique. Une photo s’impose avant d’embarquer. Accueillis par un personnel très aimable, qui prend en charge notre valise avant même que nous franchissions la passerelle, nous apprenons que les cabines ne sont pas encore prêtes et qu’en attendant, nous pouvons patienter dans le « panoramic lounge » situé au deuxième étage, une très belle salle luxueuse. Mais nous préférons monter sur le pont supérieur afin de faire le tour du bateau – on y découvre un jacuzzi et un terrain de mini-golf – et prendre un bain de soleil. Magnifique moment de détente et de calme.

Cabine spacieuse et confortable

Vers 15 h, on nous appelle par haut-parleur pour effectuer le Check-in, et nous empruntons un long couloir qui mène à notre cabine, située à l’arrière du bateau.

Nous sommes enchantés par le confort et l’espace qu’offre notre chambre ainsi que par la grande baie vitrée avec porte coulissante – qu’on appelle « balcon français » – d’où nous pourrons admirer le paysage.

Sur le lit, nous découvrons le cadeau de bienvenue – un bonnet de laine portant l’inscription Vegan Travel et une plaque de chocolat – ainsi que le programme du jour.

Café et gâteaux

Vers 16h00, on nous invite, toujours par haut-parleur, à venir prendre un café et des douceurs au « Panorama Lounge »: nous nous régalons! Puis nous profitons du beau temps pour effectuer une ballade le long du Rhin.

apéro et fondue

Retour au bateau avant 18h00, pour un cocktail de bienvenue, suivi de la présentation et la dégustation de nos fromages suisses préférés de l’entreprise de produits véganes « new roots », y compris leur fameuse fondue!

repas du soir

Le souper nous sera servi à partir de 19h30 – les soirs suivants, 18h30 – dans le Restaurant Panorama.: entrée, soupe, plat principal, dessert. Menu défini d’avance, comprenant 2 options à choix pour chaque plat. Cuisine excellente, raffinée et originale, présentée avec un soin particulier, à l’image de ce dessert…

midnight snack

Mais la soirée n’est pas terminée! On nous invite encore à déguster un snack au Panorama Lounge, tout en profitant des douces mélodies du pianiste de bord. L’occasion d’un dernier verre avant le coucher.

en route pour breisach

A 22h00 précises, nous larguons les amarres pour commencer la descente du Rhin. Le bateau ayant été amarré la proue contre le courant, il doit faire demi-tour, mais seulement après avoir passé le pont situé à environ 300 m en aval, donc à reculons. Sur le pont supérieur, nous assistons à la manœuvre.

passages d’écluses

De Bâle à Amsterdam, 12 écluses facilitent le passage des bateaux sur le Rhin. Durant notre navigation nocturne jusqu’à Breisach, nous nous aurons l’occasion d’observer, par trois fois, l’entrée dans le sas et la descente – impressionnante – au niveau supérieur (dénivelés de plus de 10 m!).

Jeudi 6 novembre: Breisach

Lorsque nous nous réveillons, nous sommes déjà amarrés au port de Breisach (arrivée aux environs de 4h30). Voici le programme du jour, que nous trouverons à chaque fois sur notre lit en fin d’après-midi, accompagné de bonbons ou de chocolats…

EXTRAORDINAIRE PETIT-DéJEUNER

La journée commence par un copieux petit-déjeuner buffet hors du commun. Il y a de tout: du chaud, du froid, du salé, du sucré, des fruits frais, des noix, des céréales, des super aliments… sans parler du classique pain-beurre-confiture-croissants. Un choix de produits véganes comme on n’en avait jamais vu!

Freiburg im Breisgau

Plutôt que de participer à l’excursion de groupe (payante) sur la route du vin en Alsace, nous avons prévu de rester en Allemagne et de nous rendre à Freiburg im Breisgau. Nous marchons donc jusqu’à la gare de Breisgau (15 min), pour prendre le train 09h02, qui nous mènera à Freiburg en une demi-heure.

Remarquable maison du commerce

Après un café en vieille ville, nous nous rendons sur la place de la cathédrale, oû nous découvrons l’un des plus beaux bâtiments historiques de Freiburg: le «  Kaufhaus », qui date de 1532.

magnifique cathédrle

Le « Freiburger Münster » est l’une des rares cathédrales gothiques à avoir été achevée au moyen âge sans subir de dommages majeurs dûs à la guerre. Un édifice impressionnant, aussi bien à l’extérieur qu’à l’intérieur.

flânerie dans la zone piétonne

Freiburg dispose d’une vaste zone piétonne, dans laquelle nous nous plaisons à déambuler et où nous finissons par aboutir à l’excellent et sympathique restaurant végane puis flânons dans la zone piétonne, avant d’aboutir peu avant midi à l’excellent et sympathique restaurant végane Adelhaus.

Breisach

Aux environs de 14h00, nous reprenons le train pour Breisach, dans le but de visiter cette jolie petite ville fortifiée construite sur une colline, surmontée par une cathédrale gothique. Lors de la traversée de la ville, une étonnante sculpture attire notre attention.

Puis nous escaladons la colline jusque sur la place de la cathédrale, d’où l’on jouit d’une magnifique vue sur la région, et où est installée une autre œuvre artistique originale, inspirée de la mythologie grèque. Elle représente la princesse phénicienne Europe, enlevée par Zeus en se transformant en taureau pour l’emmener sur son dos jusqu’en Crète, et symbolise la naissance d’une nouvelle Europe.

jogging le long du rhin

Pour clore cette journée bien remplie, je m’offre encore un léger footing de 10 km aller-retour sur la magnifique promenade bordant le Rhin.

A 20h00, nous larguons les amarres pour Strasbourg, où nous arriverons vers 03h30.

Vendredi 7 novembre: Strasbourg

Mauvaise surprise au réveil: nous sommes dans le brouillard. Ce qui ne va pas nous empêcher de débarquer pour aller visiter Strasbourg, bien que nous nous y soyons déjà rendus plusieurs fois par le passé. De notre place d’amarrage, nous marchons environ un quart d’heure jusqu’à la ligne de tram D, qui nous conduira au centre-ville. Alors que nous pension boire un café à notre joli petit restaurant végane, le « Bistrot et chocolat », situé derrière la cathédrale, la patronne nous informe qu’elle n’ouvre qu’à 11h00. Nous nous rabattons donc sur un café de la place de la cathédrale.

impressionnante cathedrale

Même si nous l’avons déjà visitée plusieurs fois, la cathédrale de Strasbourg nous fascine à chaque fois. Aujourd’hui nous nous contentons toutefois d’une visite-éclair et renonçons au fameux spectacle de l’horloge astronomique de 12h30, tant il y a de groupes de visiteurs qui se massent devant la cathédrale.

L’orgue placé en nid d’hirondelle sur une tribune, l’un des plus vieux du monde, retient particulièrement notre attention. Sa construction date des 14e et 15e siècles et il a été magnifiquement restauré en 1981.

Charme romantique de la petite france

Au vu de la météo, le quartier touristique de la Petite France est moins animé que d’habitude. Nous nous y rendons à pied, en suivant l’itinéraire recommandé, qui passe notamment par le barrage Vauban. Son charme réside avant tout dans ses canaux, ses ponts et ses maisons à colombages bien préservées, telles la Maison des Tanneurs, construite en 1572.

remarquable église Saint-thomas

En rentrant de la Petite France, nous visitons encore l’église St-Thomas, célèbre à plus d’un égard. C’est une église protestante, surnommée « cathédrale du protestantisme », qui se distingue par deux tours-clochers, l’une carrée, l’autre hexagonale. Elle compte plusieurs orgues, dont le fameux orgue construit par Silbermann en 1741, sur lequel a joué Mozart lors de son passage à Strasbourg en 1778. On y trouve aussi l’imposant mausolée du maréchal de Saxe, qui servit la France sous Louis XV.

Avant de quitter l’église, nous avons encore le plaisir d’entendre jouer le grand orgue monumental au son puissant.

Bistrot et chocolat

Frigorifiés par ce satané brouillard, nous nous réjouissons d’entrer dans ce chaleureux bistrot, où nous nous régalons de plats véganes. Les desserts à eux seuls valent le déplacement! Une adresse à retenir! https://www.bistrotetchocolat.fr/

Les desserts du jour: l’un meilleur que l’autre!
Les repas à bord: a chaque fois de nouvelles découvertes!

De retour au bateau, d’autres découvertes culinaires nous attentes. C’est d’abord le café/thé et pâtisseries offertes chaque jour sur le coup des 16h00 au Panorama Lounge. C’est ensuite le repas du soir au Restaurant Panorama (situé un étage plus bas), dont la carte est à chaque fois différente. Voici celle d’aujourd’hui, avec photos à l’appui: chou-fleur au harissa à l’entrée, soupe à l’aubergine, steak de tofu comme plat principal et strudel aux pommes pour le dessert.

la douce surprise du soir

Mais la gastronomie n’est pas terminée pour aujourd’hui: selon le programme du jour (voir ci-dessus), un événement culinaire nous attend au Panorama Lounge, avec le chef Willy Berton. Sa surprise sucrée consiste dans une démonstration et une dégustation de pancakes. Il va nous montrer de À à Z comment il fabrique la pâte, la crème pâtissière et la sauce caramélisée. Le résultat est magnifique et succulent! C’est que Willy Berton n’est pas n’importe qui: devenu végane en 2013, il travaille dans de prestigieuses adresses de la Côte d’Azur, avant de reprendre en 2016, le Vegan Gorilla à Nice, un restaurant végétalien, mais aussi entièrement bio et sans gluten. L’année suivante, il obtient le titre de maître restaurateur, devenant le premier chef Vegan de France, puis décroche un « Bib gourmand », distinction du Guide Michelin.

Samedi 8 novembre: Spire + Mayence

Partis de Strasbourg à 20h00, nous voilà amarrés au port de Spyer depuis 04h00. Le temps est toujours aussi gris et froid. Le programme du jour est chargé, avec la visite de cette petite ville de 51’000 habitants, puis la promenade nocturne à Mainz, où nous arriverons vers 18h30.

Speyer / Spire

célèbre cathédrale

La ville de Spire (Speyer en allemand) est surtout célèbre par son imposante cathédrale romane, dont la construction remonte aux années 1027 – 1061. Comprenant 4 tours et deux dômes, elle est la plus grande cathédrale romane du monde. Pendant près de 300 ans, elle fut le lieu de sépulture de huit empereurs et rois allemands. En 1981, elle est classée au patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO. Nous y accédons par un beau parc et, après en avoir fait le tour, y pénétrons pour admirer son architecture intérieure.

Ballade en ville

Nous parcourons ensuite la rue principale de Spire avec ses belles maisons bien rénovées et nous arrêtons un instant devant la Fontaine de St-Georges. Celle-ci a été érigée en 1930 en l’honneur des 515 soldats originaires de Spire tombés pendant la première guerre mondiale. Elle est dominée par la sculpture de St-Georges terrassant le dragon.

Il est près de midi, et c’est l’heure de rejoindre notre bateau, qui nous attend à sa place d’amarrage paisible. En n’oubliant pas de nous annoncer rentrant au moyen de notre carte de cabine. En effet, pour s’assurer que tous les passagers sont à bord au moment du départ, il faut scanner cette carte à chaque fois qu’on quitte le bateau – l’écran affiche alors le message « See you soon » – et de même au retour, où l’on nous souhaite à nouveau la bienvenue!

En route pour mainz

Alors que nous sommes à table, le bateau quitte son port d’attache et poursuit sa paisible descente vers Mainz, que nous atteindrons vers 18h30. Ci-dessous le passage du pont à haubans peu après Spire.

Mainz / Mayence

Ballade nocturne

Nous nous amarrons au quai de Mayence vers 19h00. Après le repas du soir, nous n’avons plus guère envie de sortir dans noir et le froid. Finalement nous nous décidons tout de même pour une courte ballade dans la vieille ville (située à quelque 20 min de marche), afin d’y admirer l’imposante cathédrale romane avec ses 5 tours ainsi que les belles maisons à colombage. Nous aurions cependant préféré découvrir ces trésors d’architecture de jour, lorsque la ville est plus animée…

Dimanche 9 novembre: Coblence

Une intéressante navigation de jour nous attend. Partis de Mayence à 06h00, nous allons en effet aborder la plus belle partie de la croisière, celle des châteaux, qui comprend également le fameux rocher de la Lorelei. La vallée du Haut-Rhin moyen, qui va de Bingen à Coblence sur une longueur de 65 km, a été inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO en 2002. Quel dommage que le soleil ne soit pas de la partie!

Châteaux dans le brouillard

C’est en plein petit-déjeuner, peu après 08h00, que nous apercevons les premiers châteaux forts, qui sont au nombre d’une bonne vingtaine entre Mainz et Koblenz. D’un côté il est dommage que le temps ne soit pas au beau, mais d’un autre, le brouillard leur donne un aspect fantomatique non dénué de charme…Nous voyons aussi défiler de jolis villages pittoresques établis au bord de l’eau. Vu la température glaciale, nous serons peu nombreux à monter sur le pont pour prendre des photos…!

la lorelei (Lorely)

Selon la mythologie germanique, la Lorelei est une jeune fille qui, assise sur le rocher du même nom, chante magnifiquement. Les marins qui passent en bateau sont comme envoûtés par ce chant si beau qu’ils en oublient les courants du Rhin et chavirent. Nous passons devant ce rocher d’une hauteur de 132 m, situé près de Sankt Goarshausen, à distance à peu près égale entre Rüdesheim am Rhein et Coblence. A cet endroit, l’avancée du rocher réduit la largeur du fleuve; le courant y est très violent et les nombreux rochers immergés ont effectivement causé de nombreux accidents de navigation. Le rocher de la Lorelei est un site touristique très fréquenté, tant pour la beauté des lieux que pour la légende qui l’entoure.

A l’approche du rocher, on constate effectivement la présence de forts remous!

Voici le fameux rocher et la statue de la Lorelei.

Le château de Katz, surplombant la ville de Sankt Goarshausen, datant du 14e siècle (aujourd’hui propriété privée).

Les quais interminables de Sankt Goarshausen.
sankt goar

En face, la petite ville de Sankt Goar, dominée par le château de Rheinfels. A l’origine une forteresse construite au 13e siècle en vue de prélever un droit de passage sur les embarcations remontant le Rhin. A la fin du 15e siècle il a été transformé en palais de style Renaissance. Le site comprend de nos jours un hôtel de luxe, un site de remise en forme et un musée.

boppard

Et voici Boppard, situé sur la rive gauche, au bord du plus grand méandre du Rhin.

Un téléférique (en service de mars à octobre), mène en 20 min à un point de vue magnifique situé à environ 300 m d’altitude. Pour amener un peu de soleil dans cette grisaille, voici deux photos extraites du site du téléférique.

Le Château de Marksburg

Une heure avant d’arriver à Koblenz, un magnifique château attire notre attention. En effet, c’est le seul château fort dominant la vallée du Rhin qui n’a jamais été détruit depuis sa construction au moyen âge.

Aujourd’hui ont peut visiter les différentes parties de l’édifice, mais aussi des pièces typiques comme la cuisine, la salle des chevaliers ou encore le cellier. Pour un petit tour au moyen âge, rendez-vous sur le site https://www.marksburg.de/fr/la-visite/ .

Koblenz / Coblence

Peu avant midi, nous nous amarrons au quai de Coblence, cette ville chargée d’histoire qui, en raison de son emplacement propice aux échanges à la confluence de la Moselle et du Rhin, a été habité depuis l’âge de la pierre. En passant devant l’embouchure de la Moselle, un immense monument attire notre attention: il s’agit du « Deutsches Eck », édifié en 1897 en l’honneur de l’empereur allemand Guillaume 1er. Il est surmonté d’une très grande statue équestre du défunt empereur.

La grisaille et le froid n’invitent pas vraiment à quitter le confort de notre bateau. Toutefois, comme nous sommes stationnés aux portes de la vieille ville, nous partons tout de même en découvrir les principaux monuments et édifices, en nous basant sur le plan qui est mis à notre disposition à la réception – comme c’est d’ailleurs le cas pour toutes les escales.

L’impressionant « Deutsches eck »

Notre promenade commence par le fameux monument situé sur le triangle à la confluence de la Moselle et du Rhin, à quelque 300 m de notre bateau. Il faut prendre beaucoup de recul pour photographier cet immense monument. Sur son socle a été gravée l’inscription « Nimmer wird das Reich zerstöret / Wenn ihr einig seid und treu.» (Jamais l’empire ne sera détruit, tant que vous serez unis et loyaux.)

Le monument a été édifié en 1897, neuf ans après la mort de l’empereur. Suite à la victoire de la Prusse sur l’armée française de Napoléon III en 1871 (Paris ayant été assiégé), Guillaume 1er avait été proclamé « empereur allemand » en France, dans la galerie des Glaces du château de Versailles.

La curieuse église « liebfrauenkirche »

Après avoir longé le quai de la Moselle, nous pénétrons dans la vieille ville pour visiter la l’église Notre-Dame, dont l’origine remonte au 5e siècle. Ayant subi de nombreuses modifications architecturales, elle présente un mélange d’éléments romans et gothiques Les deux tours de sa façade de style roman sont surmontées par des dômes baroques.

la très originale « colonne historique »

Ce monument a été offert à la ville de Coblence en 1992, à l’occasion de la célébration du 2000e anniversaire de la ville. Chacune des dix marches illustre un épisode bouleversant de l’histoire de la ville, depuis le bateau à vin romain jusqu’à la destruction et la reconstruction au 20e siècle, en passant par les conflits armés et les phases de prospérité.

la basilique saint-castor

C’est l’église la plus ancienne de Coblence. Consacrée en 836, elle a été le théâtre d’événements historiques importants. L’abbaye Saint Castor était le lieu de rencontre et d’arbitrage des empereurs et des rois ainsi que de leurs descendants. Par exemple, c’est dans l’église romane que se sont déroulées en 842 les négociations entre les trois fils de l’empereur Louis le Pieux, qui ont abouti l’année suivante à la division de l’empire carolingien par le traité de Verdun. L’édifice sous sa forme actuelle date principalement du milieu du 12e siècle. Souvent détruite puis reconstruite suite aux guerres, la basilique a subi de nombreux remaniements majeurs, tels que le la transformation du plafond de la nef en voûte gothique.

Après cette courte ballade de 2 heures (y compris un arrêt dans un des nombreux restaurants de la vieille ville pour boire un thé chaud), nous rejoignons notre bateau. Nous y retrouvons le couple de jeunes mariés avec lequel nous avons fait connaissance il y a quelques jours: il s’agit de Cylia et Clément, Tous les deux Biennois conducteurs de train! Ce soir nous mangeons ensemble dans le 2e restaurant du bateau, une petite salle nommée Arthur’s, sujette à réservation.

Lundi 10 novembre: Cologne

A l’heure du réveil, nous sommes déjà amarrés au quai de Cologne (arrivée à 03h00). Le ciel est toujours gris, mais la météo prévoit du soleil. Et effectivement les premiers rayons feront leur apparition vers 10h00, et la brume matinale laissera la place à de larges pans de ciel bleu. Magnifique! Malheureusement nous n’avons que la matinée pour visiter cette ville prestigieuse de 1,1 millions d’habitants, le départ pour la Hollande étant fixé à 14h00.

Impressionnante cathédrale

Notre priorité est la visite de la fameuse cathédrale de Cologne, aux dimensions impressionnantes. C’est en effet la troisième plus vaste église gothique après celles de Séville et de Milan. L’énorme façade ouest avec ses deux tours n’a pour l’instant été dépassée nulle part ailleurs au monde. C’est le monument le plus visité d’Allemagne, totalisant plus de 6 millions de visiteurs par an.

Comme il est difficile de photographier la cathédrale dans son ensemble, voici encore deux images tirées d’internet.

L’intérieur, avec une nef de 43 m de hauteur, est tout aussi impressionnant. Il recèle également de magnifiques et précieux biens culturels (mobilier, vitraux, retables, peintures, sculptures, etc.).

De remarquables mosaïques au sol (19e siècle).

La Châsse des Rois Mages, un reliquaire censé contenir les restes des Rois Mages, réalisé entre 1181 et 1230. Il est en bois de chêne recouvert d’or et serti de plus de mille pierres précieuses. C’est le plus grand reliquaire d’Europe.

Le Retable des Clarisses, datant du 14e siècle (dimensions: 3m x 6 m).

Le Retable des patrons de Cologne, triptyque du 15e siècle peint par Stefan Lochner, le peintre le plus illustre de l’Ecole de Cologne (1300 – 1550). (Hauteur: 2 m 60)

Le Musée du parfum dans la maison Farina

En parcourant la zone piétonne non loin de la cathédrale, nous tombons par hasard sur la Maison Farina. C’est ici que le parfumeur Jean Marie Farina créa le fameux parfum du 18e siècle qu’il nomma « Eau de Cologne ». Il a dit à ce propos: « Mon parfum est comme un matin de printemps italien après la pluie – avec des oranges, des citrons, des bergamotes, du cédrat, de la limette ainsi que des fleurs et herbes de ma patrie… » Nous ne pourrons malheureusement pas visiter le musée, accessible seulement sur réservation. Il serait également possible de s’inscrire à un atelier de création d’un parfum personnalisé. Le peu de temps à notre disposition nous permet tout de même de humer quelques parfums, en particulier ceux qui ont été conçus d’après le signe astrologique. Sonja repartira avec le sien, celui du Lion!

L’ancien Hôtel de Ville

Non loin de la Maison Farina, nous sommes attirés par un carillon: c’est celui de la tour de l’ancien Hôtel de Ville, que nous écoutons depuis la Place du Vieux Marché. Cette tour de style gothique a été rajoutée à l’Hôtel de Ville au 15e siècle. Ce dernier, le plus ancien d’Allemagne, possède une histoire de plus de 800 ans et mériterait une visite. Mais il est passé midi et c’est l’heure de rentrer au bateau.

En rejoignant notre bateau, dernier coup d’œil sur la cathédrale depuis la rive, puis depuis le pont le pont ferroviaire et piéton de Hohenzollern, où trône la statue équestre de Wilhelm II, dernier empereur d’Allemagne.

De Cologne à Gorinchem (NL)

En quittant Cologne vers 14h00, le soleil et le ciel bleu sont toujours de la partie, et on profite de ce bel après-midi pour monter sur le pont et regarder défiler les rives. Tous les kilomètres, un panneau nous annonce la distance parcourue depuis Bâle.

Passage du pont autoroutier « Fleher Brücke ». Encore un pont à haubans impressionnant, avec ses 1166 m de long et son pylône en Y de 146 m de haut (le plus haut d’Allemagne).

Vers 17h30, nous longeons les quais illuminés de Düsseldorf, juste avant l’animation du jour, consistant en des jeux de groupe (il s’agit notamment de mimer le titre d’une chanson). Puis on passe à la partie gastronomique, dont je ne résiste pas à partager le dessert…

Mousse au chocolat

Mardi 11 novembre: Gorinchem + Dordrecht

Ça y est: il est 06h30, et nous arrivons à Gorinchem, notre première étape en Hollande. C’est déjà notre dernier jour de croisière, puisque demain, nous quitterons définitivement le MS Grace à Amsterdam. La journée commence par un beau lever de soleil.

Au programme: visite de Gorinchem le matin, puis celle de Dordrecht l’après-midi.

Gorinchem

Cette ville du Sud des Pays-Bas se situe sur un croisement de diverses routes fluviales, routières, ferroviaires et militaires. Le centre historique de Gorinchem est une ancienne ville fortifiée. A la fin du 16e siècle, la ville s’est entourée d’un ouvrage de 11 bastions, entourés d’un fossé rempli d’eau. Inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO, c’est la plus grande forteresse entièrement intacte des Pays-Bas.

Après le petit-déjeuner, nous entreprenons la visite de cette petite ville de 35’000 habitants. Après avoir traversé la rivière Linge, nous sortons de la forteresse par la seule porte ayant échappé à la destruction, la Dalempoort. Nous suivons ensuite le sentier qui longe la rivière Merwede, d’où l’on peut admirer le moulin à vent « De Hoop » (L’espoir). (Voir photo ci-dessus)

Le moulin date de 1764. Restauré au 20e siècle, il est de nouveau en activité.

Nous rejoignons la ville par le chemin bordant une route de campagne, où les cyclistes ont la part belle, les voitures ne disposant que d’une seule voie au centre!

Nous poursuivons par le sentier aménagé sur les remparts entourés d’eau, où la nature a repris ses droits.

Nous nous dirigeons ensuite vers le centre-ville en longeant tout d’abord la Linge, puis en retraversant cette dernière, pour arriver à la Grande Église (« Grote Kerk »). Cet édifice, dont les origines remontent au 13e siècle, a été démolie au milieu du 19e siècle (état de délabrement suite aux bombardements), puis reconstruite dans un mélange de styles roman et classique.

Dordrecht

Le trajet de Gorinchem à Dordrecht est court: partis à 12h50, nous y arrivons déjà à 14h00. Nous sommes maintenant amarrés sur la Merwede inférieure, après que ce fleuve s’est divisé en deux bras peu après Gorinchem, située sur la Merwede supérieure, précédemment appelée Waal (nom pris par le Rhin en entrant sur le territoire néerlandais). C’est que nous sommes entrés dans le delta, où se rencontrent plusieurs rivières, qui elles-mêmes se divisent, comme la Meuse (Maas en néerlandais).

Lors de notre promenade de 2h dans le quartier historique de Dordrecht, nous verrons successivement la porte de Groothoofds, le « Nouveau Port », qui se présente sous forme de long canal, la Grande Église, la zone piétonne et l’Hôtel de Ville. La « Groothoofdspoort » date du 14e siècle, a été reconstruite en 1618, rénovée et surmontée d’une tour en 1692, puis restaurée en 1927. Au centre, la Vierge de Dordrecht, symbole de protection de la cité.

Nombreux vieux bateaux, magnifiquement entretenus, dont le remorqueur à vapeur « Pieter Boele », construit en 1893 et maintenu en état de fonctionnement par une Fondation. Il peur être affrété par des groupes.

La « Groote Kerk », impressionnant édifice de style gothique, dont la forme actuelle remonte à 1470, après avoir été endommagée par l’incendie de la ville en 1457. La tour est restée inachevée.

Retour par la zone piétonne, jusqu’à l’ancien Hôtel de Ville, de style renaissance, aujourd’hui utilisé pour des événements et des cérémonies de mariage.

Dernière soirée à bord

Comme on a pu le voir sur le programme du jour, un dîner de gala nous attend pour fêter la fin de notre croisière. Cela commence bien entendu par un apéritif, avec les discours de la directrice de bord et du capitaine.

Et voici le menu.

Soudain, à la surprise générale, la lumière s’éteint, et le personnel au complet, euphorique, apporte le dessert glacé!

La soirée se termine dans la bonne humeur, par un dernier cocktail au Panorama Lounge, sur une musique des années 80/90.

Mercredi 12 novembre: Amsterdam

Ce n’est qu’un au revoir…

Peu après nous être amarrés à Amsterdam, après une longue navigation de nuit (22h00 – 06h30), nous assistons à un magnifique lever du jour.

Nous sommes dans le quartier de Zaandam, à une demi-heure de voiture du centre-ville. Comme les cabines doivent être libérées pour 9h, nous prenons notre petit-déjeuner à 07h00 déjà (ce qui nous permet de profiter une dernière fois de l’extraordinaire buffet!). Dernier programme du jour…

Nous quittons le MS GRACE pleins de reconnaissance d’avoir pu vivre cette semaine de rêve… Non sans avoir salué et remercié une dernière fois la directrice de bord pour l’excellence des prestations et du service à bord. C’était notre première croisière végane, mais assurément pas la dernière!

Deux jours à Amsterdam

Il serait dommage de ne pas saisir l’occasion de visiter Amsterdam, où nous nous étions déjà rendus une fois il y a une quarantaine d’années. Raison pour laquelle nous avons réservé deux nuits dans un hôtel, situé non loin du centre-ville. Il s’agit de l’Hotel NH Amsterdam Noord.

Hôtel confortable, très accueillant, qui présente l’avantage d’offrir une navette gratuite jusqu’au ferry (gratuit lui aussi), qui mène à la gare centrale.

Ferry pratique

Nous emprunterons plusieurs fois le ferry qui relie en 5 min le quartier Nord et le centre-ville, séparés par l’Ij, un bras de lac du Zuidersee. Il offre une belle vue sur les bâtiments modernes de la rive Nord, tels que le Musée du Film EYE et la tour A’DAM.

la tour a’dam

A l’origine siège d’une société de Shell, cet édifice de 22 étages a été transformé en une « ville verticale », appelée A’Dam, abréviation d’Amsterdam. Il comprend un hôtel, des commerces et des restaurants. Mais la principale attraction touristique est sa terrasse, l’ « A’Dam Lookout », située à une hauteur de 100 m, avec son imprenable vue panoramique et sa balançoire, appelée « Over the Edge ». Au 20e étage, on trouve le bar restaurant Madam, qui se transforme en discothèque le soir. Le temps nous manque malheureusement pour visiter cette tour. Mais nous ne la manquerons à coup sûr pas lors de notre prochain séjour à Amsterdam!

https://youtube.com/clip/Ugkxx2YDltQmHCUtp5A6zDg2egVGEHu3kypA?si=DRop2GmTo8ktxIsP

Ballade dans le centre historique

Lors d’un premier séjour à Amsterdam il y a environ 40 ans, nous nous avions visité le Musée Van Gogh et la Maison d’Anne Franck. Cette fois-ci, nous nous sommes principalement fixé comme objectif la découverte du quartier historique, en nous baladons un peu au hasard, tout en recherchant les petits bistrots et cafés (véganes de préférence) pour se sustenter, et en profitant du charme des canaux et des ponts qui les traversent.

le musée de la tulipe

Et voici que nous tombons par hasard sur ce musée très intéressant, qui relate toute l’histoire de la tulipe, depuis sa découverte jusqu’à son exploitation commerciale actuelle par les Hollandais. On apprend ainsi que cette fleur est originaire des montagnes d’Asie. Que ses bulbes avaient autrefois une valeur marchande telle, que seuls les riches pouvaient se les payer: ainsi, lors de la Tulipomanie (années 1630), un bulbe pouvait coûter l’équivalent de 10 fois le salaire annuel d’un artisan, voir le prix d’un immeuble à Amsterdam! On y découvre aussi le cycle annuel de la culture des tulipes: après la floraison spectaculaire de mars à avril, que viennent admirer des milliers de touristes, les fleurs sont coupées, afin de permettre au bulbe de reconstituer ses réserves énergétiques; une fois que le feuillage a séché, les bulbes sont déterrés, nettoyés et stockés, avant d’être vendus ou replantés à l’automne suivant.

this is holland

Le lendemain, nous passons la journée avec nos amis biennois Clément et Cylia, dont nous avons fait la connaissance au cours de notre croisière. Ils nous ont fortement recommandé de vivre l’expérience du film 5D « This is Holland », et nous avons réservé nos places pour 11h00. A 09h00, nous nous retrouvons à la boulangerie végane « St-Jean Bakery », située dans le quartier historique. Un choix incroyable de pains, croissants, muffins de toutes sortes! On se régale…

Puis nous nous déplaçons dans le quartier Nord, que nous rejoignons par le ferry. Le bâtiment où a lieu la projection « This is Holland » est situé juste à côté du Musée du Film EYE, à l’architecture futuriste.

« This is Holland » est un spectaculaire survol de la Hollande en 5 D. Il est précédé de deux films très intéressants d’environ 10 min, l’un sur l’histoire des Pays-Bas, l’autre sur les polders, ces terres gagnées sur la mer par des travaux de digues et d’assèchement. Quant à l’expérience 5 D, également d’une durée de 10 min, elle est véritablement sensationnelle! Vous êtes installés sur un siège avec ceinture de sécurité, et vous avez vraiment l’impression de voler à l’air libre: vous sentez le vent sur votre visage, des embruns, des odeurs, et bien sûr les mouvements de votre engin volant! Les photos suivantes sont extraites de vidéos trouvées sur internet.

La visite se termine dans une boutique de souvenirs, où vous pouvez acheter les photos prises à l’entrée, avec différents arrière-plans.

Il est alors midi et demie, et nous rejoignons le restaurant « Green Farmer’s », un petit bistrot végane très sympathique dans le centre historique, où nous prendrons congé de nos amis, qui eux, resteront un jour de plus à Amsterdam.

Retour en Suisse

Après ces 9 jours de voyage intense, nous n’avions guère envie d’effectuer un long et fatiguant trajet en train pour rentrer dans nos pénates. Raison pour laquelle nous avons choisi l’avion, solution plus rapide et plus confortable. Jeudi matin 14 novembre, à 06h15, nous prenons un bus à la station toute proche, qui nous emmène à la Gare Centrale, d’où un train direct nous conduira en 15 min à l’aéroport. Décollage à 9h25 avec la compagnie KLM, atterrissage à 10h40 à Bâle-Mulhouse. Dîner au de tibits de Bâle, puis retour en train pour Bienne, où nous arriverons à 14h11.
Bilan: un voyage merveilleux, plein de belles surprises, qui a dépassé toutes nos attentes!


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